• Jeudi 18 avril s'est donc déroulée la soirée de présentation des deus derniers livres de la collection. Le carton d'invitation, crée par les Editions Elytis, était superbe, comme d'habitude.

    Jusqu'à 21 h les gens ont défilé au Bar du CIVB (merci à toute l'équipe) et ont eu droit à mon speech habituel dont voici quelques extraits :

    Cette collection s’enrichit de deux nouveaux tomes : le N° 9 et le N° 10. A chaque fois que je commence un nouvel ouvrage ma grande préoccupation est d’essayer de ne pas faire quelque chose qui ressemble aux autres puisque, malgré tout, les thèmes sont récurrents – ce qui est d’ailleurs une volonté. Je suis le premier surpris de constater que, jusqu’à présent, chaque recueil est très spécifique et que l’ensemble donne, pour l’instant, des choses assez différentes.
      Sans déflorer quoique ce soit, je peux vous dire qu’avec ces deux livres je n’ai pas été déçu parce qu’ils divergent complètement l’un de l’autre alors que, paradoxalement, je n’arrête pas de répéter qu’Henri Duboscq et Jean-Luc Thunevin partagent bien des points communs.
      Dans Autour d’une bouteille avec Murielle Andraud et Jean-Luc Thunevin, vous apprendrez ce que renferme cette expression « vin de garage » qui a vu le jour en Gironde, grâce à eux, il y a maintenant plus d’une vingtaine d’années. Vous découvrirez comment deux passionnés de vin, n’ayant aucun lien direct avec le monde viti/vinicole ont réussi à faire passer les 6 ares de Valandraud situés, comme dit Jean-Luc, sur des terres à asperges, à la reconnaissance, à l’automne dernier, de premier grand cru classé de Saint-Emilion. Porté par la seule motivation de boire un jour leur propre vin et n’ayant au départ aucun moyen, ils ont dû tout faire à la main : le travail du sol, des vignes, des vendanges où, à défaut de matériel adapté, ils durent presser à la main les raisins ! Et là, contre toute attente, ils ont sorti un vin extraordinaire qui a défrayé la chronique et qui s’est vu attribué des notes surprenantes par les critiques.
      La première fois que j’ai dégusté un Valandraud, je ne l’ai pas dit à Murielle et Jean-Luc, mais j’ai pensé à la distinction que fait Denis Dubourdieu entre les vins sensibles et les vins d’orgueil. Parallèlement, je pense de plus en plus en qu’il y a un rapport étroit entre le goût du vin et les gens qui le font et toute la délicatesse, toute la loyauté de ce Valandraud 2009 je l’ai retrouvée dans les propos de Murielle et Jean-Luc pendant les mois qu’ont duré nos conversations. Vous verrez que ce sont deux êtres terriblement attachants qui vous font entrer en toute simplicité dans leur univers et qui vous donnent une envie irrépressible de déguster l’ensemble ce qu’ils produisent et, plus que des vins sensibles, je dirais aujourd’hui qu’ils font des vins de sincérité.
      J’ai promis de ne pas faire trop long et j’aurais bien des choses à dire mais j’espère que vous saurez percevoir cette authenticité qui les anime, cette chaleur et cette amabilité qui les caractérisent. Tous nos entretiens se sont déroulés à table où c’était Murielle qui cuisait de façon magistrale – c’est d’ailleurs pour cela qu’elle est un peu en retrait dans le livre – et je dois avouer que j’ai passé des bons moments grandioses et bu des choses fabuleuses.   
     Grâce à Murielle, j’ai réussi à assouvir un vieux rêve, d’aucuns diraient un fantasme : apprendre à élaguer la vigne parce que j’ai toujours pensé que c’est une opération qui est au cœur même du métier de vigneron et qui conditionne, par la suite, bien des choses. Mon apprentissage est relaté tel que je l’ai vécu et j’espère que le lecteur appréciera, comme moi, cette expérience inoubliable d’élagage.

      Certains d’entre vous doivent penser que si Valandraud correspond au vin sensible, Haut-Marbuzet serait le vin d’orgueil. J’avoue que, n’ayant jamais véritablement côtoyé Monsieur Duboscq, j’aurais pu avoir ce genre de représentation facile et convenue. Mais, comme avec Valandraud, après avoir bu la première gorgée de ce Haut-Marbuzet 2009, j’ai immédiatement perçu que, loin d’être en présence d’un vin d’orgueil, je découvrais un vin de générosité qui s’est avéré ressembler trait pour trait à la personne qui l’avait créé. Henri Duboscq a été surnommé le dissident du Médoc et au début, je n’arrivais pas à mémoriser ce mot, « dissident », je disais le « trublion » du Médoc. Alors, certes, il y a chez lui un petit côté provocateur qui fait sa réputation, dont il joue avec délectation, mais pour moi le caractère profond, intrinsèque, j’oserais dire,  de sa personnalité est la générosité dont j’ai été maintes fois témoin. Générosité qui s’exprime dans la matérialité du terme mais aussi dans un don de soi, dans un partage physique et intellectuel et, de nouveau, vous comprendrez mieux ce que je tente d’expliquer rapidement quand vous lirez ses propos. Dans le livre, Monsieur Duboscq déclare qu’il a tout sacrifié au vin et, aujourd’hui, j’oserais le reprendre pour dire qu’il a tout donné au vin, sans limite, pris dans son dévouement, sa largesse, sa passion. Je crois que, loin d’avoir oublié les autres, il n’a fait, au contraire, tout au long de sa vie, que penser à eux et au plaisir partagé qu’il pouvait apporter avec ses cuvées.
      Je lui en veux beaucoup d’avoir fait de moi un disciple de ce qu’il appelle la secte Duboscq et de m’avoir rendu addict au Haut-Marbuzet ainsi qu’à ce superbe Passito Di Pantelleria qui fait l’unanimité quand on le déguste. En revanche, je lui suis grès de m’avoir accordé quelques confidences – relatées – qui m’aident à acquérir une meilleure compréhension de ce vignoble girondin si complexe et de m’avoir permis de côtoyer de façon un peu plus intime Cosme de Médicis, personnage qui, comme par hasard, fut l’un des plus grands mécènes de son temps.  
      J’aurais envie de vous parler aussi de cette inoubliable expérience que Monsieur Duboscq fait vivre quand il vous invite à passer le doigt à l’intérieur d’un verre de vin pour jouir de l’onctueuse humidité qui tapisse les parois mais vous trouverez tout ceci dans le livre et je ne doute pas que vous passerez, comme avec Murielle et Jean-Luc, un très agréable moment.
      Avant de terminer, merci à vous trois pour le temps que vous m’avez accordé, la confiance dont vous avez fait preuve, les vins que vous m’avez fait découvrir, pour votre sens de l’hospitalité et, peut-être, simplement pour ce que vous avez été et êtes avec moi. J’espère que nous saurons garder et entretenir ce lien tissé et je vous donne rendez-vous dans quelques temps pour faire le tome 2 de nos conversations car je sais que nous aurions encore bien des choses à évoquer.

     

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